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mai 30, 2010

La cascade des mots donnés ...

Une histoire peut se raconter dans la plus parfaite indifférence, au milieu de la plus pénible désinvolture ambiante, sorte de distance bien affirmée entre le narrateur et un public envahit par les parasites teintées des ténèbres les plus noires, visant bien sûr, à accentuer la difficulté à capter l’attention de ce petit monde ne sachant plus si l’on doit s’extasier ou s’horrifier sur les affres des bourses mondiales jouant au yo-yo avec le cœur des petits épargnants en rupture d’espoir ou, s’il faut fantasmer au bain de minuit que l’on fera sans doute cet été.

Et pourtant, rêver à une étreinte d’une douceur infinie sous une lune scintillante tandis qu’il vous avoue ses sentiments, en soulignant votre rousseur exquise, est tout de même un programme plus intéressant que ce narrateur tentant de capter votre attention avec des balivernes sans queue, ni tête !

 

Cependant, soit !

Je vais me hasarder à relever le défi, vous emporter au cœur d’une histoire presque enchantée.

 

Mes chers petits mots, êtes vous prêts ?

Mon crayon dévoué, tiendras tu la cadence ?

Mon cahier fidèle, résisteras tu sans en perdre une ligne ?

Alors chut, lecteur!

Installez vous confortablement et prenez ma main si vous le voulez bien, je ne vous la lâcherai sous aucun prétexte !

 

 

L’impatience s’était attachée à sa peau, difficulté toute nouvelle qu’il lui faudrait apprendre à combattre, ses ténèbres à elle en quelque sorte, le côté obscur du petit padawan qu’elle ne serait jamais, ici et maintenant.

Elle, si sage et si raisonnable, bouillait littéralement depuis des jours.

Comment pouvait elle afficher une telle indifférence alors qu’il était si prés et si loin ?

Comment désormais, déambuler dans cette vie en parfaite désinvolture alors qu’elle le respirait sans cesse ?

Sa tête, en était pleine.

Son corps palpitait de désir.

Son cœur trépidait en débordements impulsivement joyeux.

Toutefois, il était le maître et elle ne pouvait envisager, dans ce bout de Worcestershire, coin perdu des Midlands de l’ouest, en pleine année 1908, autre chose que cet état de fait.

L’on ne tombe pas en amour de la sorte avec une telle différence de naissance aussi importante, la grossièreté ne saurait côtoyer le raffinement, une soie la plus fine, un coton rustique en diable.

Et puis, à bien y réfléchir, elle s’était retrouvée coincée ici en tentant, une fois de plus, de résoudre une rupture dans l’espace continuum temps qu’ »Elle » lui avait désignée en une fraction d’instant.

Elle n’avait pas su garder l’attention particulière nécessaire à ce genre de mission confiée et surtout, la distance impérative pour éviter l’enfermement à ce point.

Le clin d’œil du destin ? 

La conduire ici, bourses vides, prés de cet homme qui la jetait sur les chemins de sentiments aussi troublants qu’exaltants.

Elle savait toutefois que tout n’était qu’une question de durée.

Le problème en fait, était de conserver un semblant de cohérence avec le personnage endossé et d’endiguer cette sensation d’amour qui semblait poindre inexorablement en son cœur.

Elle avait au final, un drôle de souci à se faire si prolongation se jouait.

 

« Elle » , bien sûr, trouvait la situation cocasse.

Sa petite protégée jusqu’ici donnait fort bien le change malgré tout ces petits désordres de cœur amoureux.

« Elle » aurait pu la ramener tout de suite.

« Elle » possédait ce pouvoir.

Cependant, « Elle » avait besoin de distraction et celle çi était de taille, à sa juste mesure, tout compte fait !

 

Cela s’éternisait maintenant depuis trois longues semaines.

Elle n’en pouvait plus de tout cela.

Elle arrivait à ne plus savoir réfléchir efficacement.

Elle le savait dorénavant, « Elle » ne l’aiderait pas.

La solution était ici, quelque part, il lui fallait simplement la trouver pour rentrer.

Si elle pouvait seulement s’arrêter de bouillir sans cesse, tout irait pour le mieux !

 

Et puis enfin, il y eut ce fameux soir où tout lui revint.

Où le point d’attention se rappela à elle en lumineux.

Où bien sûr, il, l’homme qui la dardait en désarroi, choisit de l’attirer à lui en une étreinte passionnée.

Elle eut comme un mouvement d’hésitation, emplie instantanément d’une chamade en délicieuse, débordante et déferlante.

 

« Elle » sentait presque battre ce cœur qui lui manquait tant.

 

La mandarine !

C’était la mandarine rapportée de France après la mort tragique de ces amants dans cet hôtel particulier, rue de Thorigny. (*)

C’était le cadeau de la défunte à son lointain petit cousin britannique de passage à Paris, cette année là.

Tout devint limpide en un éclat de seconde, son attention à nouveau fixée, elle fut projetée sans ménagement dans son monde du présent, avec le plus affreux doute au cœur, celui de commettre la plus idiote de ses actions.

 

« Elle » poussa un soupir mitigé.

Néanmoins, il fallait bien reconnaître que chaque spectacle avait une fin et celle là n’était pas si mal après tout!

Tout du moins, cette fin là, ici et maintenant.

Car, « Elle » avait un fichu avantage n’est ce pas ?

Ca l’agaçait promptement parfois : comment ainsi apprécier la distraction dans son entier !

 

 

 

La tête et le cœur en feu, elle est nue au beau milieu d’une vaste baignoire à l’eau délicatement parfumée, où flottent quelques pétales de rose.

La pièce, éclairée par des bougies et baignée d’une musique suave, respire une douillette tranquillité généreuse.

C’est à ce moment là qu’il entre, qu’il se glisse prés d’elle et l’attire en toute douceur tout contre lui.

Tandis que ce sentiment étrange de se retrouver à la maison la submerge, il l’enserre plus étroitement avec toute cette passion qu’elle reconnaît soudain.

 

-« Alors jolie femme à la rousseur exquise ?

Es tu satisfaite de ton bain de minuit ? »

En souriant, elle lui tend ses lèvres pour le plus joli des baisers.

Elle résoudra la question du « comment est ce possible » qui lui taraude l’esprit plus tard, bien plus tard...

Fichtre que ses lèvres sont douces…

 

« Elle » sourit.

Que disait elle toute à l’heure ?

Ah oui, une fin posée avec d’infiniment de possibles …

« Elle » sourit de plus belle.

Décidément, sa petite protégée a raison : ne serait elle pas en train de devenir sentimentale ?

Quel comble !

«Elle » , la grande faucheuse, sentimentale !!!

 

 

(*) : http://petitesfictionsdansmarealite.hautetfort.com/archive/2010/03/13/quand-la-culotte-s-en-mele.html

 

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