sep 07, 2009

L'histoire de Sophie ...

Ecrire une belle histoire.

J’ai toujours aimé en coucher, mettre sur le papier en délicates attentions ce qui permet de s’envoler et de rêver une vie en plus joli.

 

Serait ce pour oublier que la mienne est plus souvent teintée de gris ?

Non, à bien y réfléchir, il en est ainsi pour chacun d’entre nous .

Quoiqu’on en dise, nous oscillons tous dans des vies colorées de gris infinis, avec certes quelques fois, des effets de soleil éblouissants qui comme tout effet, n’a rien de permanent.

Alors oui, je choisis d’écrire des histoires où l’amour vole en éclatant, où les cœurs ne savent qu’exulter en passion infinie de tendresse ; je préfère à tout prendre, essayer de capturer quelques rayons de soleil pour les faire danser un petit peu sur vos vies … (et zut, mes chevilles)

 

Et si pour changer, j’écrivais une histoire « noire » ? Un truc bien laid à souhait jetant le plus foncé des gris annoncés ?

Quels ingrédients faudrait il prendre ?

Laissez moi réfléchir…

Ah oui, je sais, enfin, je crois …

 

 

Sophie est amoureuse et il faut dire que ça ne lui était pas arrivée enfin, jamais, à vrai dire.

Elle laissait son cœur se prendre au sentiment de l’autre, celui qui disait l’aimer d’un amour si grand. Cela lui suffisait en fait, pour croire qu’elle en ressentait tout autant.

Elle vivait donc ainsi depuis quelques années, naviguant de cœur en cœur et l’on peut souligner sa propension à se faire aimer.

Il est vrai qu’elle était plutôt jolie et dotée d’une nature aimable et docile.

Sophie avait trente huit ans et contrairement à tout son entourage, n’était pas mariée et n’avait pas d’enfant, au grand dam de ses parents, un tantinet envahissants, dont elle était l’unique fille.

 

Alors que son dernier amour s’en était allé posséder l’herbe verte d’un gazon plus frais, elle se mit à détester sa vie, son métier de professeur la barba ; elle ne supporta plus les ados geignards boutonneux qui lui en faisaient voir de toutes les couleurs, histoire de voir quel mal être gagnerait au mieux.

Elle ne supporta plus les reproches incessants de ses parents et relations concernant son soit disant manque de discernement qui la faisait être toujours « la » célibataire ; il y en a même qui lui agitait, en guise de menace, le personnage de la « vieille fille » se profilant incontestablement dans son horizon.

Elle ne supporta plus ces histoires d’amour qui n’en étaient pas en fait, juste des compromis pour ne pas se casser le cœur, ce qui est il me semble, un foutu avantage mais, je m’égare là….

 

Avec donc cette tempête en tête, elle décida que franchement un sérieux changement d’air s’imposait.

Ca tomba bien, les vacances d’été arrivaient à grands pas et dans la profession qu’elle exerçait, c’était vraiment l’avantage extra.

Son choix se porta sur Les Baléares où elle pouvait même y passer tout un mois.

 

C’est là bien sûr, qu’elle rencontra l’homme qui réveilla son cœur et qui fit d’elle, et pour la première fois, une femme « amoureuse ».

 

Cependant Sophie ne savait pas que cette curieuse manière d’être jusque là se retournerait contre elle.

 

A vouloir trop aimer, on peut aimer mal.

A vouloir trop se perdre dans l’autre, on peut y laisser son cœur, fracassé.

 

Et l’homme qu’elle avait rencontré, ne voulait en fait, qu’une belle histoire de vacances, un truc à la deux minutes trente de bonheur, qui ici, certes, dura vingt cinq jours.

Dans son débordement d’extase à amplitude démultipliée, elle ne vit rien. Cet homme perpétra avec elle ce qu’elle même avait toujours fait : se noyer presque dans le désir de l’autre et dans sa passion aveuglante pour juste assouvir son appétit de bonheur en toc transitoire.

 

Chacun rentra de son côté en se promettant de se retrouver une fois réintégrés leur petite vie.

Elle promit plus que lui sans nul doute car lui, à peine débarqué n’y songea quasiment plus.

Il gardait simplement l’idée de vacances parfaites.

Elle gardait l’idée de naissance d’une belle vie.

 

Et quand au bout de trois jours, elle n’eut plus de nouvelles car au numéro de portable donné, répondait à présent le message haché « ce numéro n’est plus attribué » , elle ne comprit pas tout de suite.

Elle s’obstina une semaine entière encore et encore à le recomposer : le message impersonnel et mécanique resta le même .

Son cœur se rompit, sa raison vacilla, sa tête éclata.

Elle se sentit inutile sans raison de vivre.

Elle se sentit vide et perdue comme jamais.

Son entourage avait bien compris qu’il se passait quelque chose d’ennuyeux mais n’avait pas deviné à quel point.

 

Et quand le téléphone sonna chez les parents de Sophie et que l’agent du commissariat demanda à sa mère de se rendre aux urgences de l’hôpital, le monde de Sophie comprit que plus jamais il ne tournerait comme avant, qu’il faudrait qu’il tourne, tout du moins, mais sans elle.

sep 04, 2009

Histoire d'été parmi tant d'autres ou presque ...

Miette aurait dix sept ans dans trois mois et franchement, elle avait plus que hâte de grandir encore plus vite.

 

Enfin, non grande, elle l’était déjà, pas besoin d’en rajouter, même si tout le monde disait qu’avec son allure, elle pourrait envisager une carrière de mannequin.

Elle n’en avait rien à faire de son paraître.

Elle voulait elle, rester dans l’ombre et plus particulièrement derrière la caméra.

Son rêve ? Devenir réalisatrice de films animaliers. Et bien sûr, personne ne l’encourageait dans cette voie.

Elle s’en fichait, dès qu’elle aurait vieilli suffisamment, elle partirait loin de cette famille de tarés qui au bout du compte voulait simplement la caser au meilleur des partis possibles. C’était sa famille cependant et, elle la trouvait vraiment à gerber.

 

Cela faisait deux mois qu’elle négociait avec ses parents afin qu’ils la laissent camper cet été avec sa copine Cindy sur la presqu’île de Quiberon qui n’était pas si loin de Brest, après tout, et le plan était simple : les parents de Cindy avaient un emplacement là bas, ils les emmenaient donc, elles n’étaient pas toutes seules et pour quinze jours, seulement !

D’accord, elle rentrerait en train et c’était bien là, la chose qui coinçait : le retour en train !

 

Ce matin, à trois jours de partir, elle avait eu l’idée de génie d’appeler sa grand mère Marie qui rentrait tout juste, après quatre mois, du Vietnam.

Celle ci étant tout à fait d’accord pour lui servir de chauffeur pour le retour,  elle s’empressa de revenir à la charge auprès de ses parents et réussit enfin, à décrocher leur approbation.

 

Ouf !

 

Le reste n’étant que formalités : prévenir Cindy, préparer son sac, acheter deux, trois trucs nécessaires et attendre patiemment le jour du départ.

 

Elle respirait presque mieux depuis qu’elle était descendue de voiture.

C’est vrai que ce coin avait comme quelque chose de magique  et puis, elle était loin de sa famille. Quinze jours de liberté, ou presque … Les parents de Cindy n’étaient pas si cools, mais ça le ferait bien quand même.

 

Tandis que ceux ci s’affairaient autour du mobile home, les filles s’épuisaient à monter leur tente. Ca n’était pas compliqué parait il mais là, sans doute de rire sans arrêt, ça ne fonctionnait pas.

C’est à ce moment qu’il proposa son aide, ce grand garçon blond aux yeux pétillants et au sourire craquant qui était flanqué de deux comparses, que Miette bien sûr, trouva insignifiants tant ce gars là, lui accrochait les yeux.

Forcément la tente fut bien en place en un seul ouf, le temps de savoir qu’il s’appelait Paul, qu’ils avaient le même âge, qu’il venait ici depuis son enfance et qu’il connaissait bien sûr l’endroit comme sa poche.

Et ce « ouf » là était passé si vite à son goût, à elle.

Que dire alors pour retenir Paul ?

Miette paniquait complètement car elle ne trouvait pas de mots.

Cindy constatant son désarroi, vint à son secours et heureusement.

Elle proposa le plus naturellement possible de se retrouver le lendemain histoire de faire un truc tous ensemble. Les garçons, curieusement, se montrèrent tout de suite enthousiastes et rendez vous fut donc pris, pour le jour suivant vers quatorze heures trente à l’entrée, là bas, au bout de la plage.

Miette avait presque envie de prendre sa copine dans les bras et d’effectuer une danse de la gloire, ce truc ridicule à souhait tout en trémoussements heureux et bondissants, l’on pouvait bien sûr accompagner le tout de petits cris de plus ou moins grande satisfaction.

Et bien évidement, c’est ce qu’elles firent !

 

Et tous les jours suivants furent emplis de la magie la plus douce.

 

Cela avait commencé par leurs yeux accrochés.

C’était poursuivi par leurs mains qui se rejoignirent et leurs lèvres qui ne voulurent plus du tout se quitter.

 

Collés ! Ils étaient collés ensemble dès le lever du soleil à son coucher et jusqu’aux clins d’œil complices de la lune.

Miette et Paul ou Paul et Miette ne se quittaient plus, ne pouvaient pas se quitter chaque nuit ; au moment de rejoindre leur tente respective, c’était un déchirement sans nom. Autant de gravité, à ce moment là, aurait pu interpeller n’importe qui serait venu à passer, n’importe qui. Même les parents de Cindy qui décidèrent du coup de proposer à Miette de rester deux semaines de plus.

Il faut dire que plus sa date initiale de départ approchait et plus les amoureux transits devenaient pâles.

A cette heureuse nouvelle, c’était certain, plus que certain même, ils retrouvèrent la couleur de leur amour exceptionnel portée haute et claire.

Cindy prit une photo de ce moment là et il est vrai que l’on sent encore aujourd’hui, presque le Bonheur immaculé s’échappé du papier figé.

 

Miette sourit.

Elle entendit la clef tournée dans la serrure de la porte.

Son homme rentrait, son Paul.

 

Parce que l’on dit toujours que les amours de vacances ne durent pas, qu’il faut se quitter à la fin de l’été et patati et patata … Et bien pas toujours !

 

Cela faisait dix ans qu’ils étaient mariés, ils avaient deux enfants et leur amour resplendissait parfaitement encore comme au premier jour.

Elle posa la photo et alla à sa rencontre.

Il l’enlaça tendrement et elle s’abandonna à leur baiser rien qu’à eux, si fort et si doux …

sep 02, 2009

Et soudain, le train-train ...

Nous cherchons tous une belle histoire d’amour.

 

Un truc qui nous fasse exploser le cœur à la manière d’un feu d’artifice, nous laissant en tout point infime de notre être, pantois de bonheur en parfait de perfection.

Cependant, chacun sait que la vie n’est pas un long fleuve tranquille et l’on se retrouve souvent coincé, englué dans de curieux bourbier d’amour, l’on si noie presque en suffocation d’effroi .

Alors quand une belle histoire en visionnage vient à gratter là, profondément, son petit cœur, en désespéré du Bonheur, l’on s’en gave, l’on s’y plonge jusqu’à l’écœurement ou presque.

C’est comme si l’on avait envie de raviver sa propre couleur du délice des délices avec une teinture qui, en fait, n’était pas la sienne et que l’on s’apercevait au bout du compte, qu’elle ne tenait pas après plusieurs lavages….

Et pourtant ! A la première immersion, que la vie est soudainement soudain, plus belle !!!

 

Est ce que celle-ci sera l’une de celle-là ?

 

C’est ce que Cathy se posait sans cesse au lieu de vivre en paisible.

Il lui fallait chercher l’exaltation extrême qu’elle ne retrouvait en fait, que dans des romans, dit si justement, « à l’eau de rose » ou des films de filles bien dégoulinants de sirop d’amour magnifié.

Et tandis qu’elle rebondissait d’histoires en histoires, elle ne s’apercevait pas que Jérôme, lui, était bien là.

 

Un café renversé sur sa chemise par une lecture attentive de magasine avisé sur une heure de déjeuner avait été « leur » première rencontre, il y avait tout juste un an.

Depuis, ils se croisaient régulièrement à ce moment particulier de la journée de travail où le temps vous est compté.

Le choix de lui parler d’autre chose le démangeait certes, cependant il n’osait jamais et elle donc, ne l’envisageait que comme ces passages obligés de sa petite routine bien huilée.

 

Les vacances d’été lui firent un pied de nez.

 

Car, alors qu’elle s’affairait à planter, avec ses deux copines, la tente sur ce bout de Bretagne en presqu’île de Quiberon, Jérôme lui, installé là depuis une semaine, recevait en plein cœur en la voyant, l’étincelle universelle décliquante irrémédiable des cœurs en sommeil.

 

Bien sûr, il s’approcha.

Bien sûr, elle le reconnut.

Bien sûr, il lui proposa son aide et comme rien, à ce moment là, ne venait égarer la belle rose engluée, elle reçut elle aussi, le petit « TZIT-TZIT » qui allait changer sa vie de petite embourbée.

 

Alors le charme opéra.

Alors la métamorphose commença.

Ainsi, juste les cœurs se reconnurent et se parlèrent à mots tendrement muets.

 

Et lorsqu’il l’invita, pour le lendemain, à lui faire découvrir cette presqu’île qu’il affectionnait tant, elle ne se posa pas de question, elle lui répondit par l’affirmatif tout simplement.

 

Ce qui est assez fou, en vérité, pour une fille comme elle, rappelons ici son côté plus qu’un tantinet exalté de rêveuse d’Amour, c’est que cette nuit là, elle dormit de tout son saoul et n’envisagea rien d’extravagant dans le cheminement de ce jour qui serait demain.

Elle s’endormit tranquillement, presque le cœur en paix, presque … Bah oui, lui savait déjà !

 

Dois je vous raconter cette journée où laisserai je votre imagination baigner et nager plus loin dans cette histoire ?

 

Sourire …

 

Sentir l’irrésistible à portée n’est pas exaltant mais juste rassurant, c’est comme si tout à coup, toutes les pièces du puzzle se mettaient en place d’un seul coup d’un seul.

C’est ce qu’il se passa dès le moment où il lui prit la main pour l’emmener sur leur chemin…

 

-« Où étais tu ? « 

-« Dans des histoires qui n’étaient pas les miennes . »