Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

décembre 01, 2010

Et s'aimer toujours ...

La route se mit à tourner, soudainement, en déraison.

 

Hé ZUT !!! (envisager bien sûr, s’il vous plait, un « saperlipopette » tonitruant inévitablement énoncé en bien moins élégant et bien plus senti)

 

Il fallait croire alors au temps devenu fou, l’entraînant vers un ailleurs, quelque fois presque tout à fait le même…

 

Elle avait ressenti l’éblouissement devenu familier parce qu’elle s’était assise ici, au bout de ce canal et avait trouvé cette capsule anodine, toute rouillée, sur laquelle était noté « Canada dry », une marque du passé.

Elle avait jeté la bouteille qui allait avec celle là, dans cette autre histoire, là bas, dans cet autre temps où le garçon courait après sa rêalité, celui de la retrouver coûte que coûte, sans mot dire ou avec ceux que son cœur lui murmurait si fort en tout bas depuis des semaines et n’osait formuler par sa bouche en son clairement énoncé.

Cependant là, il était prêt.

Il était prêt à le lui clamer même, tous ces mots qu’il trouvait insensés depuis qu’il les connaissait.

Il s’était juré, le bougre, de ne jamais les dire, trouvant cela d’un ridicule sans nom ; néanmoins, maintenant il savait et cela, étrangement, bouleversait tout.

Elle l’avait croisé tandis qu’il filait, descendant si vite le grand escalier au bout de la pelouse, pas si loin du canal.

Elle lui avait lancé cet « attention » fort et clair qui lui avait évité de dévaler d’une autre manière toutes ces marches parce que cette bouteille avait été laissée là par un promeneur inconvenant.

Il lui avait jeté un merci et poursuivi sa course.

Elle avait ramassé l’oubliée et envoyée finir sa vie au fond de la poubelle, toute proche et avait néanmoins, conservé la capsule.

Elle s’était dirigée tranquillement vers le bassin pour s’asseoir au plus prés, sur ces autres marches et avait enfoui, au côté de cet accès, la fameuse en se disant qu’un enfant qui la trouverait plus tard, bien plus tard, la considérerait peut être comme un quelconque trésor …

Elle n’avait jamais imaginé que c’était elle, en ce beau samedi d’octobre où le soleil jouait de ses rayons sur le bassin frémissant doucement de plaisir, qui la retrouverait et serait, par conséquent, entraînée dans un autre méandre du temps, bien malgré elle …

Bah oui, cet endroit du grand canal étant l’un de ses favoris pour écrire au grand air, il fallait bien que ça arrive, sans doute …

Cependant pourquoi d’ailleurs, être plongée dans un autre temps ?

Cette histoire, c’était bien terminée depuis, d’après ce qu’elle en savait en tout cas, puisque sa mission, ce jour là, était qu’il ne tomba pas.

Ou alors, avait elle oublié quelque chose, un détail important ?

Peut être le fait d’avoir caché la capsule ?

Elle savait pourtant, avec toutes ces aventures passées et déroulées, qu’elle ne revenait jamais dans un lieu donné, au même instant, en tout cas…

Elle n’y connaissait rien mais a priori, cela conduisait à de drôles de catastrophes si cela était…

Et puis, « Elle » ne lui avait pas envoyé de message, pas de signe, aucun rêve !

C’était un samedi fin de matinée comme il pouvait en exister quelques fois.

De ceux là qui laissent sur la bouche, un goût de plaisir tranquille parce que la surprise est là, éclatante de lumière douce…

Le lieu aimé, était certes, commun …

Elle s’était installée là comme elle le faisait souvent et il est vrai que bizarrement, elle s’était demandée tout de go si l’objet enfoui s’y trouvait encore…

Au « zut » (etc …) tonitruant qui raisonnait encore dans sa tête, elle avait eu sa réponse …

 

Elle sentit des bras la tirer en arrière et une voix rieuse lui signifier :

- « Non, non !

Il fait bien trop frais pour un plongeon et puis, on peut rêver mieux pour un bain de début d’après midi… »

Il était là.

Elle le retrouvait enfin.

Elle se retourna et le regarda à cœur explosant soudain de tout son amour éclatant.

-« … Je t’abandonne cinq minutes et tu n’en fais qu’à ta tête… »

Ses yeux se firent plus graves.

-«  … Ma jolie rousse exquise ? … »

Il l’enlaça tendrement fort pour un baiser si doux qu’elle oublia tout et n’entendit que le chuchoté du « nous allons rentrer maintenant » …

 

Le soleil brillait dans ce bout de temps là, aussi.

Etait elle avant, était elle après l’épisode pour lequel elle connaissait ce lieu de manière si parfaite .

L’heure n’était pas à ces questions barbantes et puis, surtout, elle n’était pas en mission.

Juste le plaisir de se retrouver encore, de se découvrir encore, de s’aimer toujours…

 

Désormais, il demeure irrévocable, mon amour, que je préfère une errance dans le vide froid et glacial, à une vie, dans ce monde en futur, en passé, en présent, sans toi.

 

-« Que veux tu ?

 - Juste toi. »

Les commentaires sont fermés.