Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

août 29, 2010

Ainsi danse ... Dis petit crayon!

Ce matin, la surprise du petit déjeuner, c’est elle qui la lui ferait.

 

Auparavant, il lui faudra certes, réussir à s‘extirper de ce lit, de ce tout contre lui nichée tant aimé, ce qui ne sera pas des plus simples à réaliser…

 

Cela faisait déjà presque une heure qu’elle se répétait le fameux « encore cinq minutes » ; à ce rythme là, c’est certain, elle pourrait sans doute oublier café et tartines grillées et s’endormir encore, et s’endormir peut être …

Il bougea doucement, lui laissant ainsi entrevoir un dégagement silencieux un tantinet en mieux et tout à fait réalisable.

Elle posa ses lèvres au creux de son cou en un baiser léger, enfila un tee shirt, sortit de la chambre et descendit jusqu’à la cuisine déjà baignée de soleil. Elle mit de la musique et s’affaira tranquillement à la préparation.

Tiens, il faudra acheter de la confiture de fraises, la rajouter donc sur la liste des courses, mais où était le stylo ?

Elle s’employa à terminer et tandis que la cafetière s’attachait à délivrer ces bons arômes, elle se rendit dans le petit bureau à la recherche de l’outil requis.

Là, avec surprise, elle découvrit, soigneusement rangé dans le tiroir du milieu du vieux secrétaire, petit crayon !

Son courageux petit crayon qui …

Elle envisagea un saperlipopette tonitruant inévitablement énoncé en bien moins élégant et plus senti, au même moment où le picotement d’éblouissement l’emportait déjà…

 

Elle se retrouva dans son lit au cœur engourdi de son appartement si silencieux, si froid.

L’affichage lumineux du réveil indiquait deux heures vingt deux.

Le silence retentissant emplissait ses oreilles du vacarme assourdissant de son profond désarroi.

Un chagrin indicible pointa sans attendre la lame aiguisée de son noir destin aux portes de son cœur.

Celui çi forcément, oublia un instant d’en débattre, laissant par là même l’ouverture convoitée par la ténébreuse déferlante qui en saisit aussitôt bien sûr, toute l’opportunité, pour s’y engouffrer avec délices.

Le contingent des larmes nombreuses appuyées par une kamikaze funeste torpeur l’assaillit sans autre forme de procès et la dévasta en un clin de seconde.

 

Le temps, ému, décida de s’arrêter.

 

Il fallait bien qu’elle comprenne après tout le pourquoi de tout cela au lieu de laisser le champs libre au satané néfaste désespoir, anéantisseur d’âme soit, néanmoins et surtout, du bon sens de la danse neuronale.

Le très vilain sus nommé trépidait, trépignait et bouillait outre mesure de se voir ainsi contenu tout figé avec son hideuse noirceur ; à vraie dire, il faisait moins le malin, pensez donc, se retrouver en miroir en si calamiteuse affliction !

C’est comme si un trou noir rencontrait un autre trou noir, que se raconteraient ils ces deux là ? …

Brrrr, j’en ai le petit crayon qui frissonne !

 

Bref.

 

« Elle » avait certes ressenti le déchirement de l’âme de sa petite protégée, avec sans doute moins de détachement convenu à sa position.

D’ailleurs, soit dit en passant, si celle çi venait à l’apprendre, elle ne manquerait pas encore de lui souligner ce côté « sentimental » qui semblait lui gratter de plus en plus le surplus et lui agiter la faux…

« Elle » ne bougea donc pas.

Sa connivence avec le temps était la clef et à juste titre, la passion de celui çi pour l’économie judicieuse dans la réalisation des choses « imparfaites » , selon lui assurément, cela va de soi.

A chacun son dada que voulez vous !

Sans conteste, ce petit effrayant attroupement bruyant, dispendieux en diables pas farceurs du tout était un beau spécimen à mettre au pas.

 

L’effet escompté ne tarda pas.

 

Il y eut un grand et fort hoquet qui la secoua et la figea.

Les larmes coincées s’arrêtèrent derechef, les autres n’eurent pas d’autres choix que de se répandre à la hâte dans le mouchoir passé.

Les mots affluèrent en toute précipitation, ses mots à lui d’autrefois, murmurés en tout éclat ou hurler en toute passion par son regard.

 

Et tout à coup, elle comprit.

 

Les deux drôles de complices, enfin soulagés, sourirent de concert et davantage, en l’entendant se moucher bruyamment.

 

Elle se leva d’un bond.

De l’eau sur sa peau lui ferait le plus grand bien et ensuite, elle pourrait dormir sans doute et rêver, sûrement.

 

-« Que veux tu ?

- Juste toi. »

 

 

« Elle » était tout de même ennuyée à sa structurale manière toute particulière car tout ceci s’était déroulé le vingt deux, la veille de …

C’était rageant au final, si près du but !

Car petit crayon avait raison en fait, il fallait bien que ces deux là, se retrouvent et pour de bon, dans le même espace temps.

 

-«  Tu peux toujours courir au delà des mondes, je te retrouverai sans cesse.»

Les commentaires sont fermés.