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juillet 17, 2010

Lorsque parait la machine ...

Le crayon faisait la tête et marmonnait des imprécations sans queue, ni tête avec une folle envie de faire tâter de son graphite, style en écrasé sauvage en n’importe quel coin de n’importe quoi passant à sa portée.

Alors que le cahier lui, pleurait en règle dans les grandes lignes et les petites aussi d’ailleurs, à en faire couler ses carreaux pourtant de si bonne facture qu’aucun séisme, en vocabulaire ou même en grammaire, n’aurait pu les liquéfier.

 

Mais qu’est ce qui les mettait dans un état pareille ?

 

Elle là bas.

Certes, elle était toujours sur son coussin posé ; cependant, avec cette drôle de machine placée sur une ridicule petite table.

Ce tout nouvel assemblage était disgracieux, dégageant une odeur pestilentielle de machin chose chauffé et mal en plus, faisant un raffut de tous les diables en gigoté de basse catégorie, éclairant son joli visage d’une lumière bizarre.

Affreux !

Pourtant, elle semblait heureuse, vus les hochements de tête, les petits cris ravis et les sourires à tout va.

 

Fichtre, mais que lui arrivait il aujourd’hui ?

Etait elle tombée, encore, sur la tête ?

Comment les mots acceptaient ils « ça » ?

 

A vraie dire, les mots étaient mitigés.

C’était agréable, tout compte fait, de glisser ainsi et d’apparaître en pleine lumière dans un joli cadre en plus !

Ils avaient l’impression d’être là en invités en quelque sorte ou en espèce de stars dont on ne sait d’où et c’est bien ce qui pêchait en réalité.

Eux, les mots, d’habitude si enjoués, se sentaient apprêtés, engoncés dans des habits empesés du dimanche et avaient un mal fou à sautiller en joliesse.

Du coup, ils s’inversaient les consonnes et voyelles, butaient en obstiné quant à celui d’entre eux qu’elle devait utiliser. Ca n’en finissait plus en politesse exacerbée et au bout du compte, l’histoire, elle, stagnait, voir n’avait même pas commencée.

La fille posée trouva ça tout à coup bien moins drôle et la moue, que lui seul connaissait, apparue pour ne rester qu’à demeure.

Elle se leva d’un bond en maugréant aussi bien que le crayon en fait et sortit de la pièce précipitamment.

Elle revint la peau doucement parfumée et encore humide de cette eau qui l’avait apaisée.

Elle attrapa la machine et la petite table et ressortit encore.

En franchissant en toute légèreté la porte à nouveau, elle souriait résolument.

Elle prit délicatement et avec beaucoup de tendresse ses amis fidèles de toujours en leurs promettant de ne plus réessayer de faire les choses d’une autre manière que celle qui était sienne depuis longtemps.

Le crayon boudeur, cassa assurément sa mine en signe de protestation.

Toutefois, c’était en fait pour cacher ce trop plein d’émotions qui l’avait envahi soudain, sous ces airs bourrus, il avait un cœur gros comme ça !

Quant au cahier, il se reprit vite et bravement, rien n’aurait laissé supposer son énorme chagrin, il avait repris belles et claires pages quadrillées en lignes parfaites . Il va sans dire qu’il se laissait parfois aller sans compter à la mélancolie mais recouvrait bien vite le bon sens de son devoir.

Elle s’installa à nouveau sur son coussin.

Les mots en frénésie d’allégresse trépignaient presque.

Chuutttt !

L’histoire naissait et vivait déjà…

 

-« Charlotte, c’est moi !

Raz le bol de ton répondeur !

Au fait, change ton message, ça devient redondant !

Bref…

Le temps de taper ma petite dernière et je te l’envoie via mail.

A vouloir essayer un truc nouveau, j’ai perdu du temps.

Désolée de te faire partir en retard pour ton rendez vous. Bise. »

 

Un peu plus tard, elle rabattit le couvercle de ce nouvel outil, satisfaite après tout du travail rattrapé in extremis grâce à ses amis et sourit soudain, en pensant à lui.

 

Mon bel amour, ton cadeau est superbe et il remplacera à merveille mon vieux gros machin qui ramait tant et plus pour envoyer un tout petit mail.

Merci infiniment pour cela.

Je vais m’en tenir à ma méthode d’écriture, je reste fidèle à ce que je suis, que veux tu ! Quand je trouve un « truc » fait pour moi, je n’en change pas.

Reviens moi vite.

Je t’ . . . .   .

 

Bah, c’était bien les SMS , aussi …

Du moment que l’information courrait …Qu’importe le moyen !

Commentaires

Salut! ça faisait longtemps que je n'étais pas passé! Toujours un plaisir de te lire, c'est! (Yoda, sort de ce corps)^^

Écrit par : Arsenus | juillet 20, 2010

Les machines, de temps en temps s'endorment, dans un semblant de lumière, le monde s'ouvre comme un cratère, les machines s'alarment, les volcans renaissent, la lave devient intense, le ciel se fend d'un sourire à faire couler des larmes, les machines arrêtent leurs ronronnements, au seuil de leurs disparitions... nous dormons entre deux frissons, tel un saule, nous pourrions souvent pleurer un océan...
Les machines, hors de leurs tourments, laissent échapper d'éternels émois, des envies, des désirs...
Les machines sont comparables aux arbres de la terre, si on leur redonne leur sève, on y retrouvera des écorces béantes, et les fleurs de cette immensité réuniront leurs parfums pour nous embaumer de douces attentions, les machines laisseront évaporer toute leur puissance!

Si nous perdons l'amour véritable, dans la lumière de ces machines, elles resteront à jamais une parenthèse...!

Déesse à la plume d'or.....reviens dans la sphère des âmes qui t'attendent.....reviens encore nous raconter des récits.....laisse encore embaumer nos coeurs de tes empreintes...

Je t'embrasse très fort ♥♥♥♥♥♥

Gabrielle

Écrit par : Gabrielle | juillet 26, 2010

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